mardi 16 mars 2010

Dans la 5ème dimension

Coco la Bulle se demande si, comme elle, lorsque vous prenez l’autoroute, vous vous sentez propulsé dans une autre dimension. Un monde à part, une sorte de no man’s land entre votre point de départ et votre point d’arrivée. Un passage hors du temps, une phase de transition étrange, un univers particulier qui a le pouvoir de mettre Coco dans un état second. Elle flotte, laisse vagabonder ses pensées et se pose depuis des années quelques questions existentielles qu’il était temps pour elle de partager avec ses chers lecteurs.


Le côté Temesta - Pourquoi, lorsque Coco ne conduit pas, les kilomètres qui défilent lui font-ils un tel effet soporifique, elle qui a tant de mal à s’endormir lorsqu’elle est dans un lit ? Sa tête est lourde, ses paupières se ferment, elle sombre, aïe, ça fait mal à la nuque, ouille, réveil en sursaut, quoi, elle a ronflé ? Légende que tout cela, calomnies de Roméo.


Le côté Tortuga - Pourquoi les stations-services, supposées à la base distribuer du carburant, sont-elles en réalité d’authentiques cavernes d’Ali Baba, offrant à la vue des automobilistes hagards un assortiment improbable de produits, allant du livre de cuisine au gilet fluo cher à Karl L., en passant par la revue porno, les prises de démarrage, le jus d’oranges, le nounours rose et le porte-clé Tour Eiffel, sans oublier la fourrure polaire, les dvd, les esquimaux et le liquide pour lave-glace ?


Le côté Chocolat - Pourquoi Coco, qui surveille sa ligne et ne grignote jamais entre les repas, a-t-elle subitement envie d’un bounty là, tout de suite, au moment où elle va régler le plein de gasoil ? Pourquoi l’achète-t-elle et le mange-t-elle jalousement, avidement et sans aucun remords, comme si tout ce qui se passe sur l’autoroute ne comptait pas ?


Le côté OuaOua -Pourquoi se rend-on systématiquement compte que l’on a urgemment besoin de soulager sa vessie au moment où l’on dépasse une station-service digne de ce nom ? Ce qui fait qu’il faut attendre au moins 40 km avant de retrouver un endroit correct pour assouvir cette envie, sous peine de faire pipi sur une aire de repos cracra… dans les toilettes de laquelle il faut se munir de bottes et de gants en caoutchouc pour survivre, où il faut emmener son PQ et où il fait -12°c, quand toutefois ce ne sont pas des WC à la turque (horreur).


Le côté Alcatraz -Pourquoi le sentiment d’être piégé est-il aussi fort, comme si on était dans Le Prisonnier ou un truc de ce genre, lorsque l’on rate la bonne sortie et que l’on est contraint d’attendre la bretelle suivante, impuissant face aux kilomètres engloutis pour rien, au temps que l’on rajoute à un trajet déjà fastidieux ? Ça Coco déteste, cela peut même à l’occasion la rendre très vulgaire. Et quand elle est contrariée, tous les occupants du véhicule n’ont qu’à bien se tenir…


Le côté Keskifouceluilà - Pourquoi (et là ça fait l’objet d’un chapitre spécial) certaines personnes sont-elles à ce point empotées quand elles arrivent au péage de l’autoroute ? En vrac, parmi les souvenirs de Coco, on trouve… Le papi qui n’a pas prévu le coup, qui se fait engueuler par mémé car il a laissé son portefeuille dans sa veste, elle-même pliée soigneusement au-dessus des valises dans le coffre. D’où arrêt du moteur, sortie du véhicule, fouille du coffre, houspilles diverses en provenance de la rombière, etc.

Le bonhomme qui passe derrière un poids lourd et croit qu’il doit absolument payer ‘’en hauteur’’ comme le routier l’a fait devant lui, sauf qu’il y a une machine aussi en bas mais qu’il ne la voit pas, et donc il sort de sa voiture et se hisse jusqu’à l’automate, c’est du plus haut comique…

La bande de jeunes en goguette (à 5 entassés dans une toute petite ouature), qui a pensé à tout sauf à ça, donc le temps qu’ils se mettent d’accord pour savoir qui paye et comment, ça prend trois plombes.

La mère de famille au break (variante : monospace) rempli d’enfants agités et de bagages, qui s’énerve en fouillant dans son maxi-sac pour trouver son portefeuille qu’elle était pourtant sûre d’avoir mis dans la petite poche mais qui n’y est pas.

Le type (ou la nana) qui veut régler par chèque (ça existe encore – là on sent venir les commentaires…), et celui qui compte ses pièces de monnaie pour faire l’appoint.

Le conducteur de la grosse berline qui vous a impunément dépassé à 200 km/h et qui maintenant met des heures à payer. Tout ça pour ça, ce Bachibouzouk.

L’automobiliste qui prend la file télépéage alors qu’il n’est pas équipé et se trouve obligé de battre en retraite, fichant un bazar indescriptible et provoquant un assourdissant concert de klaxons.

On en passe et des meilleures…


Le côté Chabadabada – Pourquoi Roméo, qui conduit à ses côtés, est-il encore plus sexy que d’habitude quand il est au volant ? Est-ce sa concentration, son silence, son regard intense fixé sur la route qui suscitent chez Coco une furieuse envie de lui faire des bisous ? Quelle force envoûtante la pousse à le couver de regards éloquents ? La route a-t-elle un pouvoir érotique ?

Ce sera la dernière question pour aujourd’hui… mais quelle question !

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10 commentaires:

Me, Myself and I a dit…

Je partage le côté chocolat et keskifouçuilà (dans ce chapitre, je pourrais en rajouter :) )
Le dodo c'est niet, si c'est l'homme qui conduit, j'ai bien trop peur pour penser à quoi que ce soit d'autre que ma survie !^^ (quoique... il se peut que le côté chabada intervienne de temps en temps...)

Caterina a dit…

Trop drôle, moi aussi ça fait un côté chabadabada quand un mec conduit à côté de moi donc je confirme l'effet érotique de la chose !!!

Luciole a dit…

Je ne prends que rarement l'autoroute (parce que je ne conduis pas) mais, je me suis reconnue presque partout :D
Et j'aime beaucoup les deux derniers articles, parce qu'illustrés ;) Bravo à la dessinatrice !

Anouck a dit…

J'ai moi aussi une forte tendance à me gaver de trucs caloriques pour supporter le trajet. Quant aux toilettes des aires de repos, bien vu. On a le temps de geler des fesses en hiver, quand on ne patauge pas dans la mélasse...

jacinthe a dit…

punaise ça me fait peur de voir qu'on est toutes les mêmes... oui moi aussi en voiture je suis une meuf en mode chaudasse boulimique endormie et très vulgaire.

soakette la sardine a dit…

bon anniv' !!!

françoise nalet a dit…

merci coco pour avoir réactivé mes souvenirs d'il y a "6 mois" puisque je ne reprends l'autoroute via bordeaux 3 jours sans "ptite maman" qu'aujourd'hui, tte à l'heure...
et finalement, je vais retrouver tous les travers, (qui pour moi maintenant prennent un air de "liberté"..) de ces trajets autoroutiers, dont le goût revient à ma mémoire quand mon roméo au volant me faisait certainement un effet semblable à celui que vous le font les vôtres..
mais cela a fait 6 ans qu'il guide son carrosse dans les limbes, alors cette petite bulle de retour en arrière et d'émotion, coco, je t'en remercie....bien sincèrement

françoise nalet a dit…

oui j'oubliais supebes les dessins de maud, bravo l'artiste

Léonie Canot a dit…

Un Bounty ! Comme un souvenir lointain qui revient… rââââââ…

blackfountain a dit…

Savoureux ! Je ne prends que les petites routes de campagne et autres chemins de traverse, au doux parfum de 6ème dimension... D'ailleurs, il y aurait de quoi faire un article sur le sujet...